AC/DC - Live at the River Plate 2009
Dates : 2, 4 et 6 décembre 2009
Lieu : Estadio Monumental Antonio Vespucio Liberti (stade du club River Plate), Buenos Aires, Argentine
Durée : 4h32’
Capacité du stade : environ 66 000 spectateurs par soir (stade rempli lors des trois concerts)
Tournée : Black Ice World Tour (2008–2010)
Enregistrement : les concerts ont été filmés et enregistrés, principalement celui du 4 décembre 2009, pour le DVD et Blu-ray Live at River Plate (paru en 2011) et l’album live (paru en 2012)
Il est des concerts qui dépassent le simple statut d’événement musical pour entrer dans la légende. Lorsque AC/DC pose ses amplis à Buenos Aires, au mythique stade du River Plate, en décembre 2009, c’est bien plus qu’un concert : c’est une déflagration rock, une communion de masse, une démonstration que le hard rock peut rassembler des dizaines de milliers de personnes autour d’une même énergie brute. Trois soirs durant – les 2, 4 et 6 décembre – le groupe australien a transformé l’Estadio Monumental en un volcan incandescent. De cette série de shows est né Live at River Plate, un témoignage aussi visuel que sonore de ce que signifie vivre AC/DC au sommet de son art.
Scénographie
Dès les premières images, on comprend que le concert n’est pas une simple étape de tournée : c’est un spectacle pensé pour marquer les mémoires. Angus Young surgit en uniforme scolaire, bondissant comme à ses vingt ans, tandis que Brian Johnson rugit avec cette voix râpeuse qui défie le temps. Le train gigantesque de la tournée Black Ice surgit sur scène, fumant, tonitruant, comme une métaphore du groupe lui-même : une machine infernale lancée à toute vitesse, impossible à arrêter. Les canons de « For Those About to Rock », les cloches de « Hells Bells », les lumières rouges saturées : tout concourt à créer une atmosphère théâtrale, spectaculaire et jubilatoire.
Public
Mais ce qui frappe le plus dans ce Live at River Plate, c’est la ferveur du public argentin. Rarement on a vu un stade entier vibrer avec une telle intensité. 66 000 fans par soir, chantant chaque riff, scandant chaque refrain, dansant, hurlant, sautant, comme si leur vie en dépendait. On a souvent dit que l’Amérique du Sud est le temple des publics les plus passionnés au monde : ces concerts en sont l’illustration parfaite. On n’assiste pas à un simple show : on participe à un rituel collectif où le rock devient une langue commune. La caméra capte des vagues humaines, des bras levés en cadence, une ferveur quasi footballistique. À River Plate, AC/DC est plus qu’un groupe, c’est une religion.
Setlist
La force du concert tient aussi à une setlist imparable, véritable anthologie du groupe. Les classiques s’enchaînent avec une puissance redoutable : « Back in Black », « Thunderstruck », « You Shook Me All Night Long », « Whole Lotta Rosie ». Chaque morceau est une gifle électrique, portée par les riffs d’Angus et de Malcolm Young, la basse implacable de Cliff Williams et la frappe métronomique de Phil Rudd. Même les titres plus récents, issus de l’album Black Ice, trouvent leur place naturelle, portés par un public qui les acclame comme des hymnes déjà classiques.
Performance
Il est fascinant de constater à quel point AC/DC, en 2009, conserve une énergie intacte. Brian Johnson, malgré l’usure de sa voix, projette une puissance et une sincérité qui galvanisent. Angus Young, infatigable, multiplie les solos incendiaires, traîne son corps à terre, grimpe, court, transpire chaque note. Le spectacle est à la fois brut et millimétré : une alchimie rare où la spontanéité se marie à la précision. Rien n’est laissé au hasard, mais tout semble jaillir dans l’instant. Live at River Plate n’est pas seulement un enregistrement : c’est un document historique. À une époque où beaucoup de groupes de la même génération commençaient à décliner, AC/DC démontrait qu’il restait un bloc de granit, une référence inébranlable. L’énergie du groupe, conjuguée à la passion unique du public argentin, a donné naissance à l’un des live les plus emblématiques de l’histoire du rock. On y retrouve l’essence d’AC/DC : un langage simple – riff, rythme, voix –, mais porté à une intensité telle qu’il transcende les époques et les frontières.