The Hu - Hellfest 2025
Date : 20 juin 2025
Heure de passage : en soirée, selon le running order, The Hu jouait le vendredi, entre 22 h 55 et 23 h 55 .
Lieu : Hellfest, Clisson (Loire‑Atlantique, France) — Main Stage 1, principale scène du festival .
Spectateurs : Le Hellfest en 2025 affichait une fréquentation mondiale d’environ 60 000 personnes par jour . Pour The Hu, on peut estimer que plusieurs dizaines de milliers de festivaliers étaient présents à ce moment‑là.
Décor : Le groupe a performé devant une mise en scène spectaculaire, incluant une énorme statue de Gengis Khan et un décor évoquant un château médiéval, avec des écrans LED synchronisés
The Hu – Hellfest 2025
Le vendredi 20 juin 2025, sur la Main Stage 1 du Hellfest à Clisson, l’air vibre d’une tension particulière. L’un des concerts les plus attendus du festival s’apprête à commencer : celui de The Hu, le groupe venu de Mongolie qui a su conquérir la planète en mariant instruments traditionnels et énergie métallique. Devant une foule compacte de dizaines de milliers de festivaliers – environ 60 000 personnes fréquentent chaque journée du Hellfest – le groupe offre une prestation qui s’impose comme l’un des moments phares de cette édition.
Scénographie
Dès l’ouverture, l’œil est happé par une gigantesque statue de Gengis Khan qui domine la scène, flanquée de structures évoquant un château médiéval, tandis que des écrans LED diffusent des visuels évoquant la steppe, les cavaliers et les symboles chamaniques. On comprend vite que The Hu ne se contente pas de jouer sa musique : il propose une immersion culturelle totale qui transporte le public jusqu’aux plaines infinies d’Asie centrale. L’entrée des musiciens, vêtus de cuir et de costumes inspirés des traditions mongoles, suscite une ovation immédiate. La puissance visuelle de leur présence scénique est à la hauteur de l’attente : ici, la musique s’accompagne d’un imaginaire guerrier et mystique, qui entre en résonance avec l’esthétique du metal.
Fusion
Musicalement, The Hu est inclassable et c’est ce qui fait sa force. Leur utilisation du morin khuur (vièle à tête de cheval), du tovshuur (luth traditionnel) et surtout des techniques de chant diphonique khoomei confère à leur sonorité une identité immédiatement reconnaissable. À cela s’ajoute la puissance des guitares saturées, des percussions massives et des riffs taillés pour les grandes scènes.
Setlist
Le concert s’ouvre sur Upright Destined Mongol, un titre qui pose d’emblée le ton : solennel, majestueux, presque liturgique. Puis viennent Tuurugul (Lost) et The Same, où l’on sent poindre une intensité croissante, les voix gutturales se mêlant aux chœurs pour créer une atmosphère à la fois ancestrale et universelle. L’un des moments forts est sans conteste l’interprétation de The Trooper d’Iron Maiden, revisitée avec instruments mongols. Loin d’un simple hommage, cette reprise devient une réinvention totale : le célèbre morceau prend des accents guerriers et archaïques, presque tribaux, qui enflamment la foule. La réception est phénoménale, preuve que The Hu sait parler le langage du metal classique tout en y insufflant son ADN culturel unique.
Public
Ce qui impressionne tout autant, c’est la capacité du groupe à communiquer avec un public immense malgré la barrière de la langue. Peu de discours, mais une présence scénique magnétique, des gestes simples et des invocations lancées vers la foule suffisent à créer une complicité immédiate. Quand résonnent les premières notes de Yuve Yuve Yu et de Wolf Totem, deux titres phares qui ont fait connaître The Hu dans le monde entier, la clameur est telle qu’elle semble rivaliser avec les amplis. Les festivaliers reprennent en chœur des refrains pourtant chantés en mongol, preuve que la musique dépasse ici les frontières linguistiques et culturelles. L’adhésion est totale : on ne voit pas seulement un concert, mais une forme de rituel collectif où la musique agit comme une incantation.
Ce passage au Hellfest 2025 n’est pas qu’un succès ponctuel : il marque une étape décisive pour The Hu dans son intégration au panthéon des grandes formations internationales de la scène metal. En s’imposant sur la scène la plus prestigieuse d’Europe, le groupe démontre que son projet n’est pas une curiosité exotique, mais une proposition artistique durable et fédératrice. En deux albums et d’innombrables tournées mondiales, The Hu a prouvé que le metal peut se réinventer à travers le prisme d’autres cultures, qu’il n’est pas figé dans un langage occidental mais ouvert à des hybridations inédites.
Au terme d’une heure de performance, conclue par This Is Mongol, l’impression laissée est celle d’avoir assisté à un événement historique, à l’instant où une identité musicale singulière atteint son apogée devant une marée humaine. Le Hellfest, déjà connu pour son éclectisme et son atmosphère de communion, a offert à The Hu le cadre parfait pour affirmer sa puissance.